Vu dans les médias

Sous cette rubrique, nous vous signalerons des articles, parus notamment sur des sites anglophones, mais aussi ailleurs. Nous pensons que les titres sélectionnés peuvent donner - même aux personnes ne lisant pas l'anglais - quelques éléments qui viennent compléter les informations et les points de vue apportés par les bulletins.

Les propositions des lecteurs sont évidemment les bienvenues.

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Gagner beaucoup d'argent sur le dos de l'Irak PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Asp   
Lundi, 28 Septembre 2009 16:19

Gagner beaucoup d'argent sur le dos de l'Irak

Pete W. Moore, septembre 2009

Article publié dans Middle East Report N° 252, traduit et repris sur le site alencontre

Le Koweït a ses diwaniyyas [réseaux inter-familiaux et lieux de réunion], le Yémen a ses établissements pour mâcher du qat. Mais lorsqu'on cherche des lieux où de langoureux échanges de rumeurs et des bavardages sont parfois traversés par des éclairs de perspicacité politique, rien ne remplace les masgouf irakiens, où l'on fume à la chaîne et on mange.

Dans l'un de ces établissements irakiens à Sharjah, un cousin bas de gamme de Dubaï dans les Emirats Arabes Unis, l’hôte dressait un gros poisson au milieu d’une tablée de six personnes en s'exclamant et en rigolant: «L'économie de l'Irak est comme ce poisson – la portion que vous aurez dépendra de la vitesse à laquelle vous mangerez». C'est là une description assez juste de l'Irak aujourd'hui : le patrimoine du pays est littéralement en train d'être désagrégé et dévoré.

Malgré la crise financière mondiale et la baisse du prix du pétrole, le gouvernement irakien et ses supporters américains ont élaboré quelques bonnes nouvelles et peuvent faire valoir quelques améliorations, et ce malgré les bombardements qui tourmentent Bagdad et Mossoul et le fait que le crime est très répandu dans les rues.

Les troupes se sont en effet retirées du centre des cités et des villes pour se terrer dans des campements protégés par des blocs de béton, et l'affirmation du Premier Ministre d’Irak, Nouri al-Maliki, selon laquelle il exerce un contrôle centralisé sur ses rivaux islamistes chiites à Bagdad semble se confirmer. En février 2009, le fonctionnaire le plus haut gradé de Washington à Bagdad a déclaré: «Nous sommes peut-être à un tournant. Nous avons déjà entendu ce discours, mais les conditions se mettent en place, les entreprises occidentales  pourraient se montrer très intéressées. La politique est en train de se normaliser. Cela signifie que la porte est ouverte pour une plus grande activité dans les affaires et un...engagement.» [1]  En avril 2009, le gouvernement Maliki a tenu à Londres une conférence internationale à forte visibilité pour encourager les investissements étrangers. Malheureusement ces «pousses vertes» prometteuses de renaissance économique, juste entrevues, sont trompeuses. Quelque chose est bien en train de pousser dans l'économie politique d'Irak, mais ses racines sont anciennes et solides, et la plante est très loin d'être saine.

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Afghanistan: d'accord avec Ben Laden? PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Asp   
Dimanche, 27 Septembre 2009 05:01

Afghanistan: tout le monde a l'air d'accord avec Ben Laden

Robert Fisk (*) 19.9.2009

L’Afghanistan est « une guerre perdue et sans espoir. » De qui est cette phrase ? D’un général US ? D’un Démocrate américain ? D’un diplomate européen ? Elle est extraite du dernier message enregistré par Oussama Ben Laden. Etrangement, alors que parmi les responsables politiques occidentaux, tout le monde semble peu ou prou convaincu de l’inanité de cette guerre, Obama répondra sans doute favorablement aux demandes de renforts du général McChrystal. Comme si la logique militaire, à l’image de ce qui s’est déroulé au Vietnam, paralysait la réflexion, devenue somnambule, incapable de se déprendre de la fascination morbide qu’exerce la guerre, incapable de d’accepter l’idée que la victoire des armes puisse se dérober. Et d’en tirer les conclusions. (Editorial de Contre Info)

Par Robert Fisk, The Independent, 19 septembre 2009

Obama et Oussama sont réunis, tout au moins dans la même vision des choses. Car les critiques du président américain - et de nombreux critiques de l’occupation militaire occidentale en Afghanistan - commencent à parler le même langage que le plus grand ennemi d’Obama (qui est aussi le leur).

Aux USA, la crainte grandit qu’Obama n’ait été poussé au cœur des ténèbres afghanes par l’ex-Bushiste Robert Gates - à nouveau Secrétaire à la Défense - et par le général David Petraeus, l’idole des journalistes, dont les « surges » apparaissent comme des succès comparables à celui de la bataille des Ardennes, pour endiguer le flot des insurgés en Afghanistan et en Irak.

Il n’est donc pas étonnant que Oussama Ben Laden ait décidé de s’adresser au « peuple américain » cette semaine. « Vous menez une guerre perdue et sans espoir », a-t-il affirmé dans l’enregistrement audio publié pour le huitième anniversaire du 11 septembre. « Le temps est venu de vous libérer de la peur et du terrorisme idéologique des néo-conservateurs et du lobby israélien ». Il n’était plus question d’un Obama présenté comme le « nègre de la maison », bien que ce soit sa « faiblesse », soutient Ben Laden, qui l’empêche de mettre un terme aux guerres en Irak et en Afghanistan. En tout état de cause, les combattants musulmans déferaient coalition dirigée par les USA en Afghanistan « comme nous avons défait l’Union soviétique durant 10 ans jusqu’à ce qu’elle s’effondre ». C’est drôle, ça. C’est exactement ce que Ben Laden m’a dit personnellement en Afghanistan - quatre ans avant le 11 septembre et le début des aventures américaines au sud de la rivière Amou-Daria, en 2001.

Vinrent ensuite cette semaine les déclarations de ceux qui aux USA et en Amérique du nord sont d’accord avec Obama - mais ne s’associeraient en aucun cas avec le Diable, et oseraient encore moins remettre en question l’enthousiasme d’Israël pour la guerre en Irak. « Je ne crois pas que nous puissions construire un État démocratique en Afghanistan », a déclaré Dianne Feinstein, la Démocrate californienne qui préside la commission du renseignement du Sénat. « Je crois que cela restera une entité tribale ». Et Nancy Pelosi, la Présidente de la Chambre, ne croit pas qu’« il y ait un large soutien pour l’envoi de troupes supplémentaires en Afghanistan ».

Colin Kenny, le président de la commission sénatoriale canadienne sur la sécurité nationale et la défense, a déclaré cette semaine que « ce que nous espérions accomplir en Afghanistan s’est avéré impossible. Nous nous précipitons vers une issue à la Vietnamienne ».

Fermez les yeux et imaginez que ces dernières phrases nous soient parvenues de la grotte d’Al-Qaida. Pas très difficile à croire, n’est-ce pas ? Il n’y a apparemment qu’Obama qui ne parvienne pas à entendre le message. L’Afghanistan reste pour lui la « guerre nécessaire ». Il faut envoyer encore plus de renforts, plaident ses généraux. Et nous sommes censés suivre la logique de cette absurdité. Les talibans ont perdu en 2001. Puis ils ont commencé à gagner de nouveau. Ensuite nous devions protéger la démocratie afghane. Alors nos soldats eurent pour mission de protéger - et de mourir pour - un second tour dans des élections démocratiques. Puis ils durent protéger - et mourir pour - des élections frauduleuses. L’Afghanistan n’est pas le Vietnam, nous assure Obama. Et puis la bonne vieille armée allemande demande une frappe aérienne - et tue encore plus de civils afghans.

Il est instructif de tourner son regard sur l’armée canadienne, qui a moins de troupes en Afghanistan que les Britanniques, mais qui a souffert tout aussi durement - le 130ème soldat a été tué près de Kandahar, cette semaine. Tous les trois mois, les autorités canadiennes publient un tableau de bord sur leurs « progrès » militaires en Afghanistan - un document qui est infiniment plus honnête et plus détaillés que tout ce qui est publié par le Pentagone ou le ministère de la Défense - qui prouve indéniablement (comme Enoch Powell l’aurait dit) que c’est mission impossible ou, comme l’a titré 3 jours avant le National Post de Toronto, que c’est l’opération « somnambule ». Le dernier rapport, publié cette semaine, montre que la province de Kandahar est de plus en plus en proie à la violence, moins stable et moins sûre - et que les attaques dans tout le pays sont plus fréquentes - qu’à aucun autre moment depuis la chute du régime taliban en 2001. La fréquence des attentats au printemps a été « exceptionnellement élevée » par rapport à 2008.

Le nombre d’attentats avec des mines artisanales a augmenté de 108%. Les Afghans estiment qu’ils sont moins satisfaits de l’enseignement et de la situation de l’emploi, principalement en raison de la sécurité qui est faible ou inexistante. Le Canada se concentre maintenant uniquement sur la sécurité de la ville de Kandahar, abandonnant toute tentative réelle de contrôle de la province.

L’armée canadienne quittera l’Afghanistan en 2011, mais jusqu’à présent, seuls 5 des 50 écoles de son programme de construction ont été achevés. 28 autres sont seulement « en construction ». Mais sur les 364 écoles de la province de Kandahar, 180 ont été contraintes de fermer. Concernant les progrès dans la « gouvernance démocratique » à Kandahar, le rapport canadien indique que la capacité du gouvernement afghan est « chroniquement déficiente et [qu’il est] miné par la corruption généralisée ». Au sujet de la « réconciliation » - quoi que ce terme puisse signifier de nos jours - on lit que le « début de la saison d’été des combats, et la focalisation des politiques et des militants sur les élections du mois d’août ont découragé les attentes d’initiatives dignes d’attention ... ».

Même l’objectif basique de l’éradication de la poliomyélite - le projet d’assistance civile le plus important pour Ottawa en Afghanistan - a eu raison de l’International Development Agency canadienne, bien que cet aveu se dissimule derrières des mensonges véritablement dignes d’un Blair (ou d’un Brown). Comme l’a révélé le Toronto Star en effectuant un travail sérieux de journalisme d’investigation cette semaine, l’objectif d’ « éradiquer » la polio avec l’aide des fonds de l’ONU et l’Organisation Mondiale de la Santé a été discrètement modifié pour devenir « la prévention de la transmission » de la polio. Au lieu de mesurer le nombre d’enfants « immunisés » contre la polio, la cible a été modifiée pour se référer uniquement au nombre d’enfants « vaccinés ». Mais les enfants doivent être vaccinés à plusieurs reprises avant qu’ils ne soient effectivement immunisés.

Qu’ont donc à dire les faucons républicains américains - qui étaient le sujet du dernier sermon de ben Laden - sur la catastrophe afghane ? « Les troupes supplémentaires ne vont pas garantir le succès en Afghanistan », a déclaré cette semaine l’ancien candidat Républicain et ex-vétéran du Vietnam John McCain. « Mais échouer à les envoyer serait une garantie d’échec ». Oussama a du avoir un petit rire lorsque cette déclaration absurde a résonné dans la grotte obscure d’Al-Qaïda.

 

 

(*) article original publié dans l'Independent, traduit par contre Info (http://contreinfo.info/article.php3?id_article=2794)

 
Huit ans de bourbier afghan PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Asp   
Dimanche, 27 Septembre 2009 04:45

Huit ans de bourbier afghan

Gabriel Kolko (*) 23.9.2009

Editorial de Contre Info:

Durant la période coloniale, les puissances occidentales ont tracé à dessein des Etats sans cohésion - à coup de règles et de crayons rouges agités par des diplomates raturant nerveusement des mappemondes - rassemblant ici des populations hétérogènes, divisant là arbitrairement un peuple par une frontière, et choisissant bien souvent de mettre à la tête de ces puzzles instables une minorité, forcément en situation d’insécurité, et qui n’aurait, pensait-on, d’autre recours que de se tourner vers l’ancienne puissance coloniale pour garantir un pouvoir structurellement contesté et fragile. Ce « modèle », qui n’est pas sans analogie avec celui de l’Europe des dynasties féodales puis aristocratiques - et de ses guerres incessantes - est à l’origine de la plupart des conflits du monde contemporain. Par une ironie amère de l’histoire, les Etats-Unis se sont jetés sans les comprendre au cœur de deux de ces chaudrons hérités de notre inconséquence : l’Irak et l’Afghanistan, où les forces occidentales sont embourbées depuis huit ans. Quelle est la mission de ces armées ? Traquer Ben Laden ? S’il est encore vivant, c’est au Pakistan, pas en Afghanistan. Installer la démocratie, promouvoir le droit des femmes ? Qui pourrait décemment oser affirmer que le droit à l’usage du vernis à ongle - comme aime à le rappeler le Président Sarkozy (*) - sera garanti par les fusils et les bombardements occidentaux ? Combattre les talibans ? Leur lutte traduit d’abord et avant tout le rejet des pachtounes pour l’occupation étrangère et le pouvoir corrompu et tribal de Karzaï. L’historien Gabriel Kolko analyse ici les raisons de l’échec annoncé du corps expéditionnaire occidental en Afghanistan.

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Les États-Unis ne savaient pas à quels désastres multiples ils s’exposaient lorsqu’ils sont entrés en guerre en Afghanistan, le 7 Octobre 2001. Ils subiront à terme - peut-être dans plusieurs années - le même sort qu’Alexandre le Grand, les Britanniques, et la défunte Union soviétique.

Mise à jour le Lundi, 28 Septembre 2009 05:48
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Droit humanitaire et conflits PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Asp   
Mardi, 26 Mai 2009 13:12
Human Rights Watch et le conflit israélo-arabe
tensions entre discours et pratique - www.mouvements.info

Par Sari Hanafi
En veillant au respect du droit humanitaire dans le conflit israélo-palestinien, Human Rights Watch serait-il tombé dans le piège d’un faux « apolitisme » qui évite de prendre en compte le contexte colonial du conflit ? C’est l’avis du sociologue palestinien Sari Hanafi. 3 mai 2009

Depuis l’été 2006, Human Rights Watch (HRW) est l’objet d’une attention toute particulière de la part de chercheurs et de journalistes qui critiquent son approche du conflit israélo-arabe. La controverse est apparue après la publication de deux rapports sur la guerre en juillet 2006 entre Israël et le Hezbollah [1] .

L’analyse des rapports de HRW sur les atteintes aux droits humains et au droit humanitaire international dans le cadre du conflit israélo-arabe permet de constater que les organisations de défense des droits humains, en particulier HRW, peuvent difficilement éviter de voir leurs pratiques enferrées dans de profonds paradoxes. Pourtant, bien que certains chercheurs considèrent la méthodologie de HRW comme peu fiable (sources trop pauvres, définitions vagues, couverture aléatoire du terrain…), mes recherches m’ont conduit à la conclusion inverse : la qualité du travail et de la méthodologie de HRW (des témoignages attestés, des preuves écrites, un travail de terrain solide, des études de cas) me semble au contraire tout à fait exemplaire.

HRW a publié beaucoup de déclarations et de rapports dénonçant tous les belligérants, mettant même en cause la responsabilité des victimes. En effet, l’Autorité Palestinienne, le Hamas et le Hezbollah sont tous des victimes de l’occupant, mais il arrive qu’à leur tour ils portent atteinte aux droit humanitaire international. Lus séparément, les deux rapports sur les violations des droits humains par Israël, le Hamas et le Hezbollah semblent relativement impartiaux, mais lorsqu’on les confronte, l’approche apparaît assez problématique, notamment en ce qui concerne la focalisation sur le droit humanitaire et la question de la proportionnalité des violations du droit international par les belligérants. A cela, on peut avancer deux types d’explication : premièrement, l’usage excessif de paramètres bureaucratiques et légalistes cache une forme non-avouée de politisation du discours ; deuxièmement, l’individualisme néolibéral dominant privilégie la promotion des droits individuels par rapport aux droits collectifs.

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Terres de guerre - La reconstruction agricole PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Asp   
Lundi, 25 Mai 2009 16:07

Terres de guerre - Les objectifs réels de la reconstruction agricole en Afghanistan et en Irak

www.grain.org, 25.3.09

L’Asie a certainement eu son lot de désastres dans les dernières années : inondations, cyclones, tsunamis, tremblements de terre, guerre. Après chaque calamité, on essaie de recoller les morceaux. Mais l’ « aide » extérieure arrive rarement sans un agenda caché dont le but est bien davantage de remodeler le pays pour satisfaire des intérêts puissants que de reconstruire les communautés concernées. D’une certaine façon, cela n’a rien de nouveau : en effet, l’aide humanitaire dépend depuis bien longtemps de l’adoption (par le pays concerné) de politiques économiques néo-libérales. Récemment cependant, est apparue une tendance inquiétante à mêler cette assistance qu’on range sous le nom de « reconstruction » avec toute la machine militaire des puissances qui ont envahi le pays. Les terrains d’essais de cette aide militarisée se trouvent :

- en Afghanistan où doivent être envoyés 17 000 soldats supplémentaires et

- en Iraq où 50 000 soldats vont être reclassés comme conseillers en « entraînement » et « soutien logistique » de façon à pouvoir rester dans le pays bien après la date fixée pour le « retrait total » des troupes américaines.

Il est clair que dans ces deux pays, la distinction entre les activités américaines civiles et militaires a été complètement, et délibérément, brouillée.

Dans le même temps, les Étas-Unis et les entreprises qui sont leurs alliés ont de plus en plus de poids sur les bailleurs de fonds et les organisations mondiales comme la Banque mondiale, la FAO et les centres du CGIAR qui influencent les politiques alimentaires et agricoles adoptées par les pays bénéficiaires. Cette réalité et le fait que la reconstruction agricole fait aussi partie intégrante de la campagne militaire américaine dans ces pays et les régions avoisinantes constituent une évolution très inquiétante.

L’Afghanistan et l’Iraq ne sont pas des cas uniques qui seraient nés de circonstances inhabituelles mais ils représentent un modèle pour les activités des Etats-Unis à l’étranger, tandis que ceux-ci continuent à livrer leur « guerre contre le terrorisme » et à favoriser les intérêts des entreprises américaines.

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Pour lire tout le rapport, cliquez ici:
http://www.grain.org/briefings/?id=218

 
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