Les mobilisations contre le régime en place en Iran restent une constante. Les affrontements entre diverses factions au sein da la mollahcratie s’exacerbent le type de répression en est une des expressions. Il nous paraît utile de porter à la connaissance de nos lectrices et lecteurs une analyse de la trajectoire politico-religieuse de Montazeri dont le décès a été un des événements d’une relance des manifestations. (Réd. Alencontre)
Avec le décès [le 19 décembre 2009] de l’ayatollah Hossein Ali Montazeri disparaît la plus haute autorité religieuse de l’utopique «démocratie islamique». S’est éteinte la voix de celui qui a fondé, ensemble avec l’ayatollah Ruhola Khomeiny, la première théocratie islamique en Iran. De religieux conservateur, il avait évolué jusqu’à devenir la figure religieuse la plus progressiste du chiisme. Loin était l’homme qui dans les années 1960 avait dirigé avec Khomeiny une protestation contre le suffrage universel et la timide réforme agraire entreprise par le chah Reza Pahlevi.
La seconde guerre d’Afghanistan dure maintenant depuis plus de sept ans. C’est l’age de la maturité, mais c’est aussi celui des bilans. C’est une guerre discrète, qui a le bon goût de ne pas venir envahir la une de nos quotidiens ni des journaux télévisés, sauf en cas de pertes importantes, comme en 2008. C’est une guerre que l’on pourrait presque oublier. D’ailleurs, à ne voir que les images que l’on veut bien nous montrer, l’Afghanistan n’est présent dans notre quotidien que très épisodiquement, et sous la forme d’un hôpital que l’on inaugure un jour en présence de personnalités du monde des arts et du spectacle, d’une ferme modèle ou d’une école un autre jour. Qui croirait que dans cette guerre se jouent des équilibres internationaux ? Le retour de la France au sein du commandement intégré de l’OTAN a pourtant été justifié par ce conflit. C’est dire tout le mérite de ce livre et de ses auteurs(1), qui ont remis sur le devant de la scène cette guerre pour tenter d’en tirer les leçons avant qu’il ne soit trop tard. Car, cette guerre, nous pourrions bien la perdre, et avec elle l’ensemble de notre crédibilité de « démocratie occidentale ».
Malalai Joya, surnommée « la femme la plus courageuse d’Afghanistan », est en train de terminer une tournée de conférences à travers les Etats-Unis au cours de laquelle elle a exigé du gouvernement d’Obama qu’il retire ses troupes de son pays. Entre autres arguments, elle a avancé que rien ne pourrait être pire pour les femmes afghanes que ce qu’elle considère comme l’actuelle guerre civile.
Alors même qu’elle était entourée d’hommes de pouvoir ayant au moins le double de son âge, Malalai Joya, qui n’avait que 27 ans et était la benjamine du Parlement Afghan avait levé la main pour réclamer la parole. Quand on la lui accordé, elle en a profité pour dénoncer les seigneurs de la guerre et les narcotrafiquants présents au sein du gouvernement, et elle a proposé que soit ouverte une discussion sur la défense du droit des femmes.
Ceci est arrivé en 2005, quatre ans après que les Etats-Unis aient envahi l’Afghanistan. Deux ans plus tard, Joya a été chassé du Parlement parce qu’elle avait dénoncé les seigneurs de la guerre qui contrôlent le pays avec l’assentiment du Président Hamid Karzai et avec l’appui des Etats-Unis.
Le soleil frappe encore fort dans le ciel d’hiver de Kandahar, deuxième ville d’Afghanistan et fief historique des talibans au sud du pays. Pour la remise des diplômes des conducteurs de blindés, le général Pathiani, chef d’état-major du 205e corps de l’armée afghane, réunit ses troupes dans la salle de cérémonie du quartier général, le camp Hero. Ce n’est pas l’OTAN qui a financé la formation mais les Américains, via l’opération Enduring Freedom (« Liberté immuable »), lancée en 2001 pour traquer Al-Qaida.
Les troupes de l’Otan, hors d’Afghanistan ! Aucun renfort français !
Collectif OTAN-AFGHANISTAN, Communiqué de presse 2.12.2009
2 décembre 2009
Barack Obama a décidé le déploiement accéléré de 30.000 soldats supplémentaires en Afghanistan. Cette escalade militaire accélère l’enlisement et la régionalisation de la guerre.
Revenant sur ses propos antérieurs, le Président Nicolas Sarkozy s’est empressé de saluer un « discours courageux, déterminé et lucide » réaffirmant l’engagement de la France. Aujourd’hui, il laisse entendre que le gouvernement pourrait répondre à la demande d’Obama et accroître la participation de la France alors que près de 4.000 soldats français participent déjà à cette sale guerre.
La fuite en avant militaire décidée par Barack Obama et le Pentagone ne peut qu’aggraver la situation dramatique du peuple Afghan. Il est inacceptable que les Etats-Unis et leurs alliés consacrent des milliards pour imposer par la violence leur présence en Afghanistan en faisant payer le prix de la guerre à leurs propres peuples. Les renforts envoyés par Barack Obama augmenteront la facture de la guerre de 30 milliards de dollars. Nicolas Sarkozy s’est d’ores et déjà engagé à apporter la contribution de la France.
Les manifestations en octobre et novembre, tant en France qu’en Grande Bretagne, en Allemagne ou aux États-Unis, viennent appuyer les sondages qui montrent que les opinions publiques sont très majoritairement pour le retrait des troupes.
Les organisations du Collectif Otan-Afghanistan demandent l’arrêt des opérations militaires et de l’envoi de renforts, le retrait des troupes de l’Otan afin de rendre aux Afghans leur indépendance et les clés de la reconstruction du pays.
Premiers signataires :
MRAP, PCOF, NPA, PCF, LIFPL, MOUVEMENT DE LA PAIX, LES VERTS, ANECR, M’PEP, PARTI DE GAUCHE, COLLECTIF DES IRANIENTS CONTRE LA GUERRE
J’ai été consterné ld’entendre que l’on donnait le prix Nobel de la paix à Barack Obama. Cela a été un choc de penser qu’un président qui était en train de mener deux guerres pourrait recevoir un prix de la paix. Mais alors je me suis souvenu que Woodrow Wilson, Theodore Roosevelt et Henry Kissinger ont tous reçu des prix Nobel de la paix. Le comité Nobel est bien connu pour ses estimations superficielles, il se laisse séduire par la rhétorique et par des gesticulations vides, tout en négligeant les violations flagrantes de la paix mondiale.
Oui, Wilson a été crédité pour la Ligue des Nations - ce corps inefficace qui n’a rien fait pour prévenir la guerre. Mais il avait bombardé la côte mexicaine, envoyé des troupes pour occuper Haïti et la République Dominicaine et a amené les Etats-Unis dans la boucherie européenne durant la première Guerre mondiale, qui est certainement au sommet de la liste des guerres les plus stupides et les plus meurtrières.
Du 25 septembre 2009 au 10 janvier 2010, le cycle de la caricature reprend avec l'exposition « Martial Leiter - Guerres », consacrée au peintre et dessinateur suisse Martial Leiter (*1952).
Article publié dans Middle East Report N° 252, traduit et repris sur le site alencontre
Le Koweït a ses diwaniyyas [réseaux inter-familiaux et lieux de réunion], le Yémen a ses établissements pour mâcher du qat. Mais lorsqu'on cherche des lieux où de langoureux échanges de rumeurs et des bavardages sont parfois traversés par des éclairs de perspicacité politique, rien ne remplace les masgouf irakiens, où l'on fume à la chaîne et on mange.
Dans l'un de ces établissements irakiens à Sharjah, un cousin bas de gamme de Dubaï dans les Emirats Arabes Unis, l’hôte dressait un gros poisson au milieu d’une tablée de six personnes en s'exclamant et en rigolant: «L'économie de l'Irak est comme ce poisson – la portion que vous aurez dépendra de la vitesse à laquelle vous mangerez». C'est là une description assez juste de l'Irak aujourd'hui : le patrimoine du pays est littéralement en train d'être désagrégé et dévoré.
Malgré la crise financière mondiale et la baisse du prix du pétrole, le gouvernement irakien et ses supporters américains ont élaboré quelques bonnes nouvelles et peuvent faire valoir quelques améliorations, et ce malgré les bombardements qui tourmentent Bagdad et Mossoul et le fait que le crime est très répandu dans les rues.
Les troupes se sont en effet retirées du centre des cités et des villes pour se terrer dans des campements protégés par des blocs de béton, et l'affirmation du Premier Ministre d’Irak, Nouri al-Maliki, selon laquelle il exerce un contrôle centralisé sur ses rivaux islamistes chiites à Bagdad semble se confirmer. En février 2009, le fonctionnaire le plus haut gradé de Washington à Bagdad a déclaré: «Nous sommes peut-être à un tournant. Nous avons déjà entendu ce discours, mais les conditions se mettent en place, les entreprises occidentales pourraient se montrer très intéressées. La politique est en train de se normaliser. Cela signifie que la porte est ouverte pour une plus grande activité dans les affaires et un...engagement.» [1] En avril 2009, le gouvernement Maliki a tenu à Londres une conférence internationale à forte visibilité pour encourager les investissements étrangers. Malheureusement ces «pousses vertes» prometteuses de renaissance économique, juste entrevues, sont trompeuses. Quelque chose est bien en train de pousser dans l'économie politique d'Irak, mais ses racines sont anciennes et solides, et la plante est très loin d'être saine.
The Israeli Occupation Archive was founded on the belief that any occupation is morally wrong and must be opposed. The takeover of a land, the denial of equal rights to its inhabitants, and their forcible eviction, are all fundamentally unacceptable and must be rejected.
It is also our conviction that punitive actions carried out by the state of Israel against native Palestinians over the years, such as the bombing of civilian population centers, cannot be justified under any circumstances. Such actions are in direct violation of international laws and conventions set out after World War II, and fall under the jurisdiction of the International Criminal Court.
The Israeli Occupation Archive is grateful to the members of its Advisory Board for their invaluable support and guidance.
Members of the Advisory Board
Bashir Abu-Manneh
Bashir Abu-Manneh is a professor of English at Barnard College specializing in global literature, Palestinian and Israeli literature, Marxism, and postcolonialism. He is a Palestinian born in Haifa and is active in Middle Eastern affairs.
Mustafa Barghouthi
Mustafa Barghouthi is the Secretary General of Al-Mubadara (the Palestinian National Initiative), MP of Palestinian Parliament, and former information minister in the Palestinian National Unity Government. He was a candidate in the 2005 Palestinian presidential elections.
Anat Biletzki
Anat Biletzki is a professor of philosophy at Tel Aviv University, and an Israeli peace and human rights activist for many years. She was the chairperson of the board of B’Tselem – the Israeli Information Center for Human Rights in the Occupied Territories (2001-2006).
Noam Chomsky
Noam Chomsky is a linguist, philosopher, and a life-long anti-war and human rights activist with extensive involvement in the Israeli-Palestinian conflict and the Occupation. He is a prolific author, and an Institute Professor emeritus at MIT.
Irene Gendzier
Irene Gendzier is a professor of political science at Boston University specializing in international political economy and Middle Eastern Studies. She is an activist and prolific author, writing about US foreign policy in the Middle East and problems of development.
Assaf Kfoury
Assaf Kfoury is a mathematician, computer scientist, and a professor of computer science at Boston University. An Arab American who grew up in Beirut and Cairo, he is a political activist, focused on the Middle East.
Stephen R. Shalom
Stephen Shalom is a professor of political science at William Paterson University. He is a frequent lecturer and is the author of numerous publications, including extensive coverage of the Middle East.
Salim Tamari
Salim Tamari is the Director of the Institute of Jerusalem Studies, a professor of sociology at Birzeit University, and editor of Hawliyyat al Quds and the Jerusalem Quarterly. His most recent book is The Intimate Life of an Ottoman Soldier.
Howard Zinn
Howard Zinn is a historian, social critic, life-long civil-rights and anti-war activist, prolific author and lecturer. His best known work is “A People’s History of the United States.” He is a professor emeritus of political science at Boston University.
Mise à jour le Mercredi, 09 Décembre 2009 15:15
Offensive israélienne: une mise en perspective
Écrit par Asp
Vendredi, 23 Janvier 2009 06:36
Offensive israélienne: une mise en perspective
Julien Salingue
L’offensive israélienne contre Gaza, loin d’être un «coup de sang» causé par un trop grand nombre de tirs de roquettes sur le Sud d’Israël, est une action d’ampleur, préparée de longue date, avec des objectifs politiques et militaires précis. Tout a été envisagé pour que cette opération ne se solde pas par un échec tel que celui de la guerre contre le Liban à l’été 2006. Cette offensive doit être comprise comme une nouvelle étape dans l’intense combat que livre l’Etat d’Israël depuis des décennies contre les droits nationaux du peuple palestinien. C’est ce que je me propose de faire ici, en tentant de mettre en perspective l’opération en cours et d’indiquer pourquoi elle est non seulement la tragique illustration des impasses du projet sioniste, mais aussi de celles de la construction du pseudo-appareil d’Etat nommé «Autorité Palestinienne».
Il est «clair et indéniable» qu’Israël a utilisé du phosphore blanc contre les civils de Gaza
Les délégués d’Amnesty International qui se sont rendus dans la bande de Gaza ont trouvé des preuves indiscutables du recours intensif au phosphore blanc dans des zones d’habitation densément peuplées de la ville de Gaza et dans le nord de la bande de Gaza.
« Ce dimanche 18 janvier 2009, nous avons vu des rues et des allées jonchées d'éléments attestant de l'utilisation de phosphore blanc, notamment des éclats encore en feu et les restes d’obus et de grenades tirés par l’armée israélienne, a déclaré Christopher Cobb-Smith, expert balistique présent à Gaza dans le cadre de la mission d’information d’Amnesty International composée de quatre délégués.
Le phosphore blanc est une arme destinée à créer un écran de fumée permettant de masquer les mouvements de troupe sur le champ de bataille, a-t-il ajouté. C’est un agent très incendiaire, qui explose dans les airs et ne devrait jamais être utilisé dans des zones civiles, en raison de ses effets dévastateurs.
Questions et réponses sur un conflit créé par l’Occident Article du Socialist Worker, traduction sur le site alencontre.org
Voici un article offrant quelques questions et réponses utiles sur la politique coloniale – avec sa dimension de guerre – menée par Israël contre le peuple palestinien. Cet article a été publié dans les pages de l’hebdomadaire Socialist Worker, organe du SWP de Grande-Bretagne, le 10 janvier 2009. La version en français se trouve sur le site alencontre.org
Quelles sont les racines du conflit entre Israël et les Palestiniens ?
Les origines du conflit remontent à la fondation d’Israël en 1948. Cet Etat fut construit sur la dépossession des Palestiniens après une campagne de nettoyage ethnique menée par les milices sionistes. Il s’en est suivi de 60 ans d’oppression israélienne continue envers le peuple palestinien.
Le sionisme, revendiquant un foyer national juif en Palestine, a émergé en tant que mouvement en Europe à la fin du XIXe siècle comme une réponse à l’antisémitisme croissant. Au début, seule une toute petite minorité de juifs soutint ce mouvement.
Palestine, Liban, Irak et le mouvement antiguerre : « Les États-Unis sèment les graines d’une tragédie à long terme… »
En juin 2008, nous avons mis sur le site l'article "Les germes d'une tragédie", qui était une traduction partielle (la partie consacrée à l'Irak) de l'entretien avec Gilbert Achcar réalisé par Foti Benlisoy et Aykut Kılıç. La revue Inprecor a maintenant mis sur son site l'ensemble de cet entretien qui porte, comme l'indique le titre, aussi sur la Palestine et le Liban.